Préserver l’avenir de la Justice internationale en soutenant Florence Hartmann.

Le 14 septembre dernier, à la suite d’un « mauvais procès », le Tribunal Pénal International de La Haye a condamné Florence Hartmann à une amende de 7000 € dans le but explicite « d’envoyer un signal fort » à ceux qui voudraient dévoiler les méthodes que les juges ont estimé appropriées à leur mission.

Ce jugement est inacceptable dans son principe parce qu’il met en danger :

C’est pourquoi Florence Hartmann a fait appel et nous la soutenons dans cette démarche.

Retour sur un « mauvais procès »

Créé en 1993, le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie a pour mission d’établir la vérité sur les chaînes de responsabilités dans les exactions commises et de juger les présumés coupables. La création de ce tribunal fut vécue par les défenseurs des Droits de l’Homme comme une immense avancée et l’espoir d’une paix durable.

Ce même tribunal vient cependant de ternir son image et celle de la Justice Internationale en condamnant Florence Hartmann à une amende de 7000 €.

Journaliste et essayiste bien connue des défenseurs des Droits Humains, cette dernière fut également de 2000 à 2006 la conseillère pour les Balkans et la porte-parole de la procureure du TPIY, Carla del Ponte. En 2007, elle publie Paix et châtiment, les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales dans lequel elle met en évidence les difficultés rencontrées par des juges sans cesse confrontés aux pressions politiques des États parties mais aussi le mécanisme qui a conduit les juges à soustraire à la justice des documents cruciaux. En effet, certaines pages des archives du Conseil Suprême de Défense de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie-Monténégro) ont été classées confidentielles et n’ont pas été ainsi transmises à la Cour Internationale de Justice (CIJ), l’empêchant ainsi d’établir la responsabilité de la Serbie dans le génocide commis à Srebrenica.

Par ordonnance du 27 août 2008, le TPIY accusait F. Hartmann d’entrave à la justice, « pour avoir délibérément et sciemment divulgué des informations en violant en connaissance de cause une ordonnance d’une Chambre ».

Nous avons alors souhaité lui apporter notre soutien en ouvrant en janvier 2009 ce site avec le lancement d’une première pétition. Cet élan de soutien fut fortement relayé dans l’espace ex-yougoslave notamment à partir du site trilingue caseflorencehartmann. En trois dépôts successifs au TPI, on comptait au 3 juillet 4300 signatures de 38 pays différents. Un nombre important de personnalités issues du monde politique, artistique, intellectuel, juridique, journalistique et militaire avaient exprimé leur soutien personnel.

De nombreux messages de soutien sont parvenus à Florence Hartmann, notamment d’associations de victimes de « l’épuration ethnique », à Srebrenica en particulier. Ce sont autant d’hommages à son travail, autant d’appels à la nécessaire transparence de la Justice Internationale !

Nous avons relayé sur ce site les audiences du procès qui s’est déroulé les 15, 16, 17 juin et 1er et 3 juillet, et notamment l’intervention de M Louis Joinet et de Mme Natasa Kandic. Ces témoignages permettaient d’établir incontestablement d’une part que la notion d’entrave à la justice était ici entendue dans un sens inusité et d’autre part que documents et ordonnance en question faisaient l’objet d’une controverse publique depuis mars 2006, soit plus d’un an avant la parution de son ouvrage.

C’est pourquoi nous vous demandons de signer une nouvelle pétition par laquelle vous exprimerez votre attachement aux valeurs de la Justice Internationale et votre refus de ce verdict inique.

La lettre pétition peut également être téléchargée et envoyée par la poste à : Fédération Mères pour la paix, BP 40728, 59657 Villeneuve d'Ascq Cedex
ou par télécopie au : + 33 (0)4 9456 0185

N’hésitez pas à nous contacter pour partager vos idées, vos propositions.

  • Nanou Rousseau, Élisabeth Samarcq, Dominique Dupuy Fédération Nationale des Mères pour la Paix,
  • Faik Dizdarevic, Maurice Lazar et André Prochasson Association Sarajevo